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Culture6 min de lecture

Idées reçues sur les exosquelettes : vrai ou faux, on fait le tri

Force surhumaine, robot, remède aux TMS : les exosquelettes traînent bien des clichés. Nous faisons le tri avec l'INRS et les données des fabricants.

Idées reçues sur les exosquelettes : vrai ou faux, on fait le tri - EXOSTARS Image
Sommaire

    En bref : un exosquelette n'est ni un robot qui donne une force surhumaine, ni un gadget inutile. Il réduit l'effort sur un geste précis, à condition d'être adapté à la personne et à la tâche. L'INRS a démonté dix idées reçues dans sa brochure ED 6295 ; les fiches des fabricants permettent d'en corriger quelques autres côté loisirs.

    Le mot « exosquelette » évoque souvent la science-fiction : armures motorisées, soldats augmentés, ouvriers capables de soulever une voiture. La réalité est plus modeste, et plus utile. Les modèles vendus aujourd'hui assistent une articulation, sur un mouvement donné.

    Pour faire le tri, nous nous appuyons sur deux types de sources : la brochure 10 idées reçues sur les exosquelettes de l'INRS (ED 6295, 2018), pensée pour le monde du travail, et les caractéristiques publiées par les fabricants pour les modèles de loisir. Si vous découvrez le sujet, commencez par notre page qu'est-ce qu'un exosquelette ?

    « Un exosquelette, c'est forcément un robot »

    Faux. C'est la première idée reçue traitée par l'INRS. La brochure ED 6295 indique que la plupart des exosquelettes présents dans les entreprises ne sont pas robotisés : ils restituent de l'énergie mécanique grâce à des élastiques ou des ressorts. Les modèles robotisés, avec moteurs électriques ou systèmes hydrauliques, y étaient encore peu répandus.

    On retrouve cette diversité dans notre catalogue. Le Hilti EXO-S (épaules) et le Ski-Mojo (genoux, pour le ski) fonctionnent sans batterie, avec des câbles ou des ressorts. Les exosquelettes de hanche Hypershell, Dnsys ou Ascentiz sont, eux, motorisés. Les deux approches sont comparées sur notre page exosquelette actif ou passif.

    « Avec un exosquelette, on devient plus fort »

    Faux, dans la grande majorité des cas. L'INRS distingue deux situations :

    • si l'exosquelette est relié à un point fixe, au sol par exemple, les efforts sont transmis à l'extérieur du corps : la force globale de l'utilisateur peut alors augmenter ;
    • s'il n'est pas relié à un point fixe, ce qui est le cas des modèles portés que vous voyez sur les chantiers ou en randonnée, les efforts sont transmis à une autre partie du corps. Ils restent supportés par la personne : seule leur répartition change.

    Conséquence pratique au travail : un exosquelette ne permet pas d'augmenter les charges portées, et les limites de la norme NF X35-109 s'appliquent toujours. L'image du « super-humain » vient surtout de projets militaires des années 1960 qui n'ont jamais dépassé le stade de prototype : nous les racontons dans notre histoire des exosquelettes.

    « Il supprime l'effort et règle le problème des TMS »

    « Les exosquelettes limitent les efforts physiques » : vrai et faux

    L'INRS répond de façon nuancée. Dans certains cas, les exosquelettes ont montré leur efficacité pour réduire localement les efforts musculaires. Mais leur propre poids, ou la gêne dans certains mouvements, peut mobiliser d'autres ressources. L'effort physique global peut alors augmenter.

    « Les exosquelettes sont la solution contre les TMS » : faux

    Les troubles musculosquelettiques ont des causes multiples : répétitivité des gestes, postures, efforts, stress, organisation du travail, climat social. Selon l'INRS, l'exosquelette peut éventuellement limiter certaines contraintes, comme les efforts excessifs et les postures contraignantes. Il ne réduit pas la répétitivité des gestes, et il peut déplacer les contraintes vers d'autres parties du corps.

    « Il convient à tout le monde, et pour toutes les tâches »

    Toutes les morphologies ? Non

    L'INRS rappelle que les exosquelettes ne sont pas systématiquement adaptés à la morphologie de chacun (sexe, taille, poids) ni à certains problèmes de santé. Les fabricants publient d'ailleurs des plages d'utilisation. Quelques exemples tirés de nos fiches :

    • Ascentiz H Pro et H Ultra : taille de 155 à 200 cm, tour de taille de 65 à 145 cm ;
    • Dnsys Z1 Dual Joint : taille de 150 à 196 cm, poids de 40 à 122 kg ;
    • Ski-Mojo : adultes de plus de 1,55 m, avec un ressort choisi selon le poids ;
    • Hilti EXO-S : réglages de XS à XXL, et une version Large pour les tours de biceps au-delà de 40 cm.

    Vérifiez ces plages avant tout achat, et faites-vous conseiller sur le réglage : voir régler son exosquelette.

    Toutes les tâches ? Non plus

    Chaque modèle est spécialisé : redressement du dos, élévation des bras, marche. Un exosquelette de hanche n'aide pas les épaules, et inversement. L'INRS demande aux entreprises d'analyser la situation réelle de travail et d'agir d'abord sur l'environnement de travail, avant d'envisager un exosquelette.

    « Il est utilisable tout de suite et rend plus productif »

    Immédiatement utilisable ? Faux

    Un exosquelette modifie la gestuelle et la posture. L'INRS juge indispensable une phase de test hors production, puis en situation réelle, ainsi qu'une formation aux réglages, aux risques et aux restrictions d'usage. Côté loisirs, le principe est le même : quelques sorties courtes, à faible niveau d'assistance, avant une grande randonnée. Notre guide « préparer sa première sortie » détaille cette prise en main.

    Plus productif ? Pas tout de suite

    Selon l'INRS, la période d'appropriation augmente au moins temporairement le temps nécessaire pour réaliser les tâches. Les gains éventuels, comme la préservation de la santé ou la baisse de l'absentéisme, ne se mesurent qu'à plus long terme, et seulement si les bénéfices se confirment pour la situation de travail concernée.

    « Il ne présente aucun risque, c'est même un EPI »

    Deux fois faux. Comme tout équipement de travail, l'exosquelette expose à des risques que l'INRS classe en trois familles : mécaniques (heurts, frottements, chute), physiques (troubles de l'équilibre, mouvements entravés) et cognitifs (attention accrue, remise en question de l'expertise du salarié).

    Ce n'est pas non plus un équipement de protection individuelle. Pour l'être, son fabricant devrait démontrer qu'il protège contre un risque et le soumettre à un « examen CE de type » par un organisme notifié. En 2018, l'INRS notait qu'aucun exosquelette n'était commercialisé comme EPI. Pour la démarche complète en entreprise, lisez ce que recommande l'INRS.

    Côté loisirs : quatre idées reçues à corriger

    « C'est trop lourd pour être utile »

    Les modèles de hanche actuels pèsent quelques kilos. Selon les fabricants, l'Hypershell X Ultra S pèse 1,7 kg sans batterie et 2,5 kg avec ; l'Ascentiz H Ultra, 2,5 kg ; le Dnsys Z1 Dual Joint, 680 g par jambe (hors batterie et ceinture). Ce poids reste à porter : il faut le prendre en compte, surtout batterie vide.

    « Il marche à votre place »

    Non. Un exosquelette motorisé de hanche détecte la phase du pas et ajoute un couple au bon moment. C'est vous qui marchez : il réduit l'effort ressenti, il ne décide pas de l'allure à votre place.

    « Sans batterie, il ne sert à rien »

    Vrai pour les modèles motorisés : batterie vide, ils n'assistent plus et deviennent une charge. Faux pour les modèles passifs, comme le Ski-Mojo, qui fonctionnent avec des ressorts. Pour estimer votre autonomie réelle, voir batterie et autonomie.

    « Il craint la moindre goutte de pluie »

    Plusieurs modèles de hanche affichent un indice IP54 selon leurs fabricants (Hypershell, Dnsys, Ascentiz) : une protection contre la poussière et les projections d'eau, pas contre l'immersion. Vérifiez l'indice et les consignes de chaque modèle avant de sortir par mauvais temps.

    Envie de vous faire votre propre avis ? Les particuliers peuvent découvrir l'essai sur notre page Améliorez votre quotidien ; les professionnels, sur la page essai d'exosquelette.

    Questions fréquentes

    Un exosquelette donne-t-il une force surhumaine ?

    Non. Selon l'INRS, un exosquelette porté et non relié au sol redistribue les efforts dans le corps sans les supprimer. Il réduit l'effort sur un geste précis, sans permettre de porter plus lourd.

    Tous les exosquelettes ont-ils un moteur ?

    Non. Beaucoup fonctionnent avec des ressorts, des câbles ou des élastiques, sans batterie, comme le Hilti EXO-S ou le Ski-Mojo. Les exosquelettes de hanche pour la randonnée sont, eux, généralement motorisés.

    Un exosquelette empêche-t-il les TMS ?

    Pas à lui seul. L'INRS rappelle que les TMS ont des causes multiples et que l'exosquelette ne réduit pas la répétitivité des gestes. Il s'intègre dans une démarche de prévention plus large.

    Un exosquelette convient-il à tout le monde ?

    Non. Chaque modèle a des plages de taille et de poids publiées par son fabricant, et l'INRS rappelle que certaines morphologies ou situations de santé ne permettent pas un usage confortable ou sans risque. En cas de doute, demandez l'avis d'un professionnel de santé.

    Combien pèse un exosquelette de randonnée ?

    Quelques kilos. Par exemple, Hypershell annonce 2,5 kg batterie comprise pour le X Ultra S, et Ascentiz 2,5 kg pour le H Ultra.

    Peut-on utiliser un exosquelette sous la pluie ?

    Cela dépend de son indice de protection. Plusieurs modèles de hanche sont annoncés IP54, soit une protection contre les projections d'eau, pas contre l'immersion. Suivez les consignes du fabricant.

    Sources

    Nos exosquelettes

    Hypershell, Dnsys, Ascentiz… Comparez les modèles et trouvez celui qui vous ressemble.

    Essai gratuit

    Le meilleur moyen de choisir ? L’essayer.

    Lire, c’est bien. Sentir l’assistance à chaque pas, c’est mieux. Réservez un essai gratuit et sans engagement avec un conseiller EXOSTARS.