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TMS au travail : les chiffres clés 2024 et la place des exosquelettes

44 723 TMS reconnus en 2024, près de 9 maladies professionnelles sur 10 : les chiffres officiels de l'Assurance Maladie, expliqués. Et la place réelle des exosquelettes.

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Sommaire

    En bref : en 2024, l'Assurance Maladie – Risques professionnels a reconnu 44 723 troubles musculosquelettiques (TMS) d'origine professionnelle, soit environ 88 % des 50 598 maladies professionnelles reconnues. La manutention manuelle reste la première cause d'accidents du travail (50 % des accidents codés). Face à ces chiffres, l'exosquelette n'est qu'un outil parmi d'autres : son effet sur la prévention des TMS n'est pas démontré, et il vient après l'aménagement du travail.

    Les TMS reviennent dans tous les projets de prévention, et dans tous les argumentaires commerciaux d'exosquelettes. Encore faut-il partir des bons chiffres. Cet article rassemble les données officielles les plus récentes, avec leur année et leur source, puis explique ce qu'un exosquelette peut, ou ne peut pas, y changer.

    Toutes les statistiques nationales citées ici proviennent du rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en novembre 2025, qui porte sur les salariés du régime général. Les chiffres agricoles proviennent de la MSA.

    Qu'appelle-t-on un TMS ?

    Selon l'Assurance Maladie, les TMS regroupent des affections des articulations des membres supérieurs (épaule, coude, main, poignet, doigts) et du dos, en particulier la lombalgie. Ils sont reconnus en maladie professionnelle à travers plusieurs tableaux, dont le tableau 57 (affections périarticulaires liées à certains gestes et postures) et le tableau 98 (affections du rachis lombaire liées à la manutention manuelle de charges lourdes).

    Les chiffres clés des TMS en 2024

    Indicateur (année 2024) Valeur
    Maladies professionnelles reconnues (premier règlement) 50 598 (+ 6,7 % sur un an)
    Dont TMS 44 723 (+ 6,6 %), soit environ 88 %
    Indice de fréquence des TMS 2,2 pour 1 000 salariés (+ 6,3 %)
    Tableau 57 : affections périarticulaires (gestes et postures) 40 976 (+ 7,2 %)
    Tableau 98 : rachis lombaire et charges lourdes 2 255 (- 2,6 %)
    Tableau 79 : lésions chroniques du ménisque 931
    Tableau 97 : rachis lombaire et vibrations du corps entier 477
    Tableau 69 : vibrations et chocs des outils 84

    Trois enseignements se dégagent. D'abord, les TMS pèsent presque à eux seuls sur l'évolution des maladies professionnelles : le rapport attribue la hausse de 2024 essentiellement à leur augmentation. Ensuite, plus de neuf TMS reconnus sur dix relèvent du tableau 57, celui des affections périarticulaires : épaule, coude, poignet et main, mais aussi genou et cheville. Enfin, le tableau 98, celui des lombalgies liées au port de charges lourdes, est le seul tableau de TMS en baisse en 2024.

    Attention à la lecture : ces chiffres comptent les maladies reconnues, pas toutes les douleurs ressenties au travail. Comme le note l'INRS dans sa brochure sur les entrepôts logistiques, une lombalgie survenue lors d'un épisode aigu, comme un lumbago, est souvent reconnue en accident du travail plutôt qu'en maladie professionnelle.

    La manutention manuelle, première cause d'accidents du travail

    Le rapport annuel recense 549 614 accidents du travail en premier règlement en 2024. Parmi les accidents dont la cause a été codée, la répartition est nette :

    • manutention manuelle : 50 % des accidents, 47 % des nouvelles incapacités permanentes et 48 % des journées d'arrêt ;
    • chutes de plain-pied : 15 % ;
    • chutes de hauteur : 12 % ;
    • outillage à main : 8 %.

    Sur sa page consacrée aux TMS, l'Assurance Maladie ajoute que le mal de dos représente un tiers des accidents liés aux manutentions, et que la lombalgie est la première cause d'inaptitude avant 45 ans.

    Le coût humain et économique

    La même page de l'Assurance Maladie, présentée comme reposant sur des chiffres 2024, donne des ordres de grandeur sans en préciser l'année exacte :

    • plus de 20 millions de journées de travail perdues à cause des TMS et des lombalgies liées aux manutentions ;
    • 2,4 milliards d'euros de cotisations versées chaque année par les entreprises au titre des lombalgies et des TMS ;
    • 20 % des indemnités journalières liées aux TMS ;
    • 48 % des TMS entraînent des séquelles lourdes (incapacité permanente) ;
    • des coûts indirects estimés à environ cinq fois les coûts directs.

    Quels secteurs sont les plus touchés ?

    Le rapport annuel compare les secteurs par comités techniques nationaux (CTN). En 2024, l'indice de fréquence des TMS le plus élevé est celui du secteur bois, ameublement, papier-carton, textile et vêtement (5,4 pour 1 000 salariés), suivi des services, commerces et industries de l'alimentation (3,5) et de la chimie, caoutchouc et plasturgie (3,4). Le BTP se situe à 3,3 et la métallurgie à 3,0. Sur les données 2023, le rapport relève aussi que l'indice de fréquence des TMS est plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

    Au régime agricole, la MSA indique que les TMS représentaient 93,3 % des maladies professionnelles reconnues en 2016, la viticulture figurant parmi les secteurs les plus touchés. Nos articles sectoriels détaillent ces situations : logistique et entrepôt, agriculture et viticulture, soignants et aide à domicile.

    Ce que ces chiffres disent, et ne disent pas, des exosquelettes

    Ces statistiques montrent l'ampleur du problème. Elles ne prouvent rien sur l'efficacité d'une solution en particulier. Trois points méritent d'être rappelés :

    • L'effet préventif n'est pas démontré. La MSA indique qu'il n'existe pas, à ce stade, de données scientifiques suffisantes pour affirmer que les exosquelettes réduisent l'apparition de TMS liés au travail, et qu'en déplaçant des contraintes ils pourraient contribuer à d'autres TMS.
    • L'assistance est localisée. L'INRS rappelle qu'un exosquelette assiste une zone et un type de tâche précis : bras en hauteur, tronc penché ou manutention dynamique. Or le tableau 57, qui regroupe la grande majorité des TMS reconnus, couvre aussi le coude, le poignet et la main, que les exosquelettes d'épaules ou de dos n'assistent pas.
    • La prévention commence ailleurs. Les principes de l'article L4121-2 du Code du travail donnent la priorité à la suppression du risque à la source et aux mesures collectives. L'exosquelette, mesure individuelle, vient ensuite.

    Pour l'ensemble des limites, voir notre page ce qu'un exosquelette permet, et ses limites, et la démarche de l'INRS dans exosquelette au travail : ce que recommande l'INRS.

    Agir sur les TMS : par où commencer ?

    Les pouvoirs publics ont renforcé les moyens. Selon le rapport annuel 2024, le Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle (FIPU), ouvert en mars 2024, avait déjà versé plus de 44,1 M€ aux entreprises pour des actions de prévention, des salaires de préventeurs, des aménagements de poste et des actions de communication. Notre article financer un exosquelette en entreprise explique ce que ce fonds couvre, et ce qu'il ne couvre pas.

    En pratique : faites analyser vos postes, traitez d'abord les causes (charges, hauteurs, organisation), puis, si un besoin d'assistance physique demeure sur une tâche précise, testez un exosquelette avec vos opérateurs. Pour organiser cet essai, contactez-nous via notre page demande d'essai professionnel.

    Questions fréquentes

    Combien de TMS sont reconnus chaque année en France ?

    En 2024, l'Assurance Maladie – Risques professionnels a reconnu 44 723 TMS d'origine professionnelle en premier règlement, pour 50 598 maladies professionnelles au total, selon son rapport annuel publié en novembre 2025.

    Quelle part des maladies professionnelles représentent les TMS ?

    Environ 88 % en 2024 (44 723 sur 50 598). L'Assurance Maladie parle de « près de 90 % » dans son rapport annuel et de 88 % sur sa page consacrée aux TMS.

    Quelle est la première cause d'accidents du travail ?

    La manutention manuelle : elle est à l'origine de 50 % des accidents du travail codés en 2024 et de 48 % des journées d'arrêt associées, selon le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels.

    Un exosquelette prévient-il les TMS ?

    Ce n'est pas démontré. La MSA indique qu'il n'existe pas, à ce stade, de données scientifiques suffisantes pour l'affirmer, et l'INRS en fait une mesure à envisager après l'aménagement du travail, à valider poste par poste.

    Quels secteurs ont le plus de TMS ?

    En 2024, l'indice de fréquence des TMS le plus élevé concerne le secteur bois, ameublement, papier-carton, textile et vêtement (5,4 pour 1 000 salariés), devant les services, commerces et industries de l'alimentation (3,5) et la chimie, caoutchouc et plasturgie (3,4).

    Sources

    Nos exosquelettes

    Hypershell, Dnsys, Ascentiz… Comparez les modèles et trouvez celui qui vous ressemble.

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