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Exosquelette soignants : manutention des patients et aide à domicile

Les soignants et aides à domicile portent beaucoup. Un exosquelette peut-il les soulager ? L'INRS répond avec prudence et privilégie la démarche ALM et les aides techniques.

Exosquelette soignants : manutention des patients et aide à domicile - EXOSTARS Image
Sommaire

    En bref : pour les soignants et les aides à domicile, la manutention des personnes est la principale source de TMS. L'INRS indique que la plupart des exosquelettes ont été conçus pour l'industrie, la logistique ou le BTP, et que leur usage dans le soin n'est pas encore bien documenté. Sa priorité : supprimer le port de charge grâce à la démarche ALM et aux aides techniques (lève-personne, drap de glisse, lit à hauteur variable). Un exosquelette ne s'envisage qu'après, et avec une réflexion structurée.

    Aide-soignante en Ehpad, infirmier à domicile, auxiliaire de vie : ces métiers font partie de ceux où le dos et les épaules sont le plus sollicités. Les demandes d'information sur les exosquelettes se multiplient donc dans le secteur sanitaire et médico-social.

    Nous préférons être clairs : aucun exosquelette de notre catalogue n'est présenté par son fabricant comme une solution pour soulever ou transférer des patients. Cet article explique pourquoi, et quelles solutions l'INRS met en avant.

    Pourquoi les soignants sont si exposés aux TMS

    Dans sa foire aux questions sur l'aide et le soin à la personne, l'INRS explique que les TMS y sont très fréquents et en hausse. Ils touchent surtout le dos et les membres supérieurs, en grande partie à cause d'une manutention des patients qui ne protège pas le professionnel.

    La page de l'INRS sur la démarche ALM, mise à jour en avril 2026, donne une mesure de cette sinistralité à partir des données 2023 (accidents du travail, de trajet et maladies professionnelles) :

    • environ 11 jours d'absence par salarié en moyenne dans les hébergements médicalisés pour personnes âgées ;
    • environ 14 jours d'absence par salarié en moyenne dans l'aide à domicile.

    Selon l'INRS, cette sinistralité se traduit par un absentéisme chronique, des inaptitudes et des départs du métier, qui désorganisent les services et pèsent sur l'attractivité. Pour la vue d'ensemble, consultez nos chiffres clés des TMS au travail.

    Exosquelette et manutention des patients : ce que dit l'INRS

    L'INRS est prudent. Dans sa FAQ sur l'aide et le soin à la personne, il indique que la majorité des exosquelettes disponibles a été conçue pour des activités industrielles, logistiques ou du BTP, que leur utilisation dans le secteur du soin n'est pas encore bien documentée, et qu'une démarche de réflexion structurée est indispensable avant tout projet d'acquisition. Il renvoie pour cela à sa brochure ED 6315.

    Sa FAQ générale sur les exosquelettes (mai 2018) ajoute deux points propres au soin :

    • tout dispositif utilisé dans ce cadre devra être accepté à la fois par l'aidant et par la personne aidée ;
    • les contraintes d'hygiène et l'évaluation complète des risques doivent être prises en compte.

    Autrement dit, un exosquelette ne rend pas un transfert manuel sûr. Il ne change pas non plus les règles de port de charges de l'article R4541-9 du Code du travail. Notre article exosquelette au travail : ce que recommande l'INRS détaille les autres risques à évaluer.

    La démarche ALM : n'accompagner que ce qui manque

    L'INRS promeut la démarche ALM, pour « accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l'autre et de soi ». Elle vise à prévenir les TMS liés à la manutention des patients, mais aussi les chutes et les risques psychosociaux, en établissement comme à domicile. Elle repose sur deux principes :

    1. Évaluer les capacités de mouvement à chaque déplacement : passage assis-debout, roulement latéral, rehaussement dans le lit. Ces capacités peuvent varier d'un moment à l'autre.
    2. N'accompagner que ce qui manque : par un guidage verbal, une aide manuelle sans geste nocif pour le professionnel, ou une aide technique. Le soignant ne se substitue pas à la personne pour tout le déplacement.

    L'INRS cite un exemple : une personne qui peut pousser sur ses jambes mais pas s'appuyer sur ses coudes peut être rehaussée dans le lit avec une poignée de traction et un guidage verbal, ou avec un drap de glisse et une aide physique légère. Selon l'INRS, la démarche apporte aussi des bénéfices à la personne aidée : sécurité, confort, et maintien de ses capacités.

    Les aides techniques à privilégier

    L'INRS insiste : les aides techniques doivent faire partie des soins courants, et non servir en dernier recours. Leur utilisation s'évalue au cas par cas. Il cite notamment :

    • le lit médicalisé à hauteur variable, avec un support adapté ;
    • la poignée de traction et le drap de glisse ;
    • le lève-personne sur rail plafonnier, que l'INRS décrit comme facile à installer et peu encombrant à domicile.

    Pour s'informer et essayer ces aides, l'INRS oriente vers les centres d'information et de conseil sur les aides techniques (Cicat). Il cite aussi une étude de 2009 dans un établissement hospitalier : l'investissement en équipements et en formation y a été amorti en un peu plus de trois ans, avec une baisse de 60 % des accidents du travail.

    Plusieurs de ces équipements entrent dans le cahier des charges de la subvention Prévention des risques ergonomiques de l'Assurance Maladie – Risques professionnels (version août 2026) : lève-personnes sur rails en configuration en H en établissement sanitaire ou médico-social, chariots à assistance électrique pour le secteur médico-social, fauteuils et chariots de douche motorisés, lève-lits. Les exosquelettes, eux, n'y figurent pas. Détails dans notre article financer un exosquelette en entreprise.

    Former les équipes et engager l'encadrement

    La démarche ALM s'appuie sur trois piliers selon l'INRS : l'adaptation de l'environnement (équipements, choix architecturaux), le changement des pratiques professionnelles, et l'engagement des directions, qui doivent investir et laisser aux équipes le temps d'apprendre.

    Elle est intégrée aux formations du réseau Assurance Maladie – Risques professionnels et de l'INRS : PRAP 2S (prévention des risques liés à l'activité physique dans le secteur sanitaire et social) et formations de l'aide et du soin à domicile (APS ASD). L'INRS rappelle aussi que l'employeur doit former les salariés à la manutention et leur fournir des équipements adaptés. Les conditions d'attribution de la subvention Prévention des risques ergonomiques citent ces formations parmi les dépenses finançables.

    Et les autres tâches physiques du secteur ?

    Les établissements de santé ont aussi des tâches sans patient : réserves, linge, repas, livraisons. Pour ces manutentions d'objets, les questions ressemblent à celles d'un entrepôt, développées dans notre article exosquelette en logistique et entrepôt. Là encore, l'analyse du poste vient d'abord, avec le service de prévention et de santé au travail.

    Si, après cette analyse, un exosquelette dorsal semble pertinent pour une tâche précise, notre collection dos et lombaires présente les modèles disponibles, avec leurs limites. Nous pouvons aussi étudier un essai avec vos équipes : décrivez la tâche visée sur notre page demande d'essai professionnel. Pour la manutention des patients, nous vous orienterons d'abord vers les aides techniques et la démarche ALM.

    Questions fréquentes

    Un exosquelette peut-il aider un soignant à soulever un patient ?

    L'INRS indique que la plupart des exosquelettes ont été conçus pour l'industrie, la logistique ou le BTP, et que leur usage dans le soin n'est pas encore bien documenté. Pour les transferts, l'INRS recommande de supprimer le port de charge grâce à la démarche ALM et aux aides techniques.

    Qu'est-ce que la démarche ALM ?

    ALM signifie « accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l'autre et de soi ». Le professionnel évalue ce que la personne peut faire seule, et n'accompagne que ce qui manque, par la voix, un geste léger ou une aide technique.

    Quelles aides techniques utiliser à domicile ?

    L'INRS cite un lit médicalisé à hauteur variable avec un support adapté, un drap de glisse et, si besoin, un lève-personne sur rail plafonnier. Le choix se fait au cas par cas, et les Cicat informent sur les aides et leur financement.

    Les lève-personnes sont-ils financés par l'Assurance Maladie – Risques professionnels ?

    Oui, sous conditions : les lève-personnes sur rails en configuration en H, en établissement sanitaire ou médico-social, figurent dans le cahier des charges de la subvention Prévention des risques ergonomiques (version août 2026). Les modèles mobiles sur roulettes en sont exclus.

    Un exosquelette peut-il servir pour d'autres tâches à l'hôpital ou en Ehpad ?

    Pour la manutention d'objets (réserves, linge, livraisons), les questions sont proches de celles de la logistique. Une analyse du poste avec le service de santé au travail reste le point de départ, comme pour tout projet d'exosquelette.

    Sources

    Nos exosquelettes

    Hypershell, Dnsys, Ascentiz… Comparez les modèles et trouvez celui qui vous ressemble.

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